Dans le cadre du Programme RNPC, la phase de stabilisation pondérale  est essentielle parce qu’elle permet de consolider la perte de poids obtenue pendant la phase d’amaigrissement et de préparer le maintien du nouveau poids sur le long terme. Elle repose sur une réintroduction progressive et personnalisée de certains aliments, associée à une augmentation de l’activité physique et à l’acquisition d’habitudes de vie saines et durables.

Perdre du poids n’est en effet qu’une première étape. Après un amaigrissement parfois important, l’organisme doit progressivement retrouver un apport énergétique correspondant à ses nouveaux besoins, sans revenir brutalement au niveau antérieur. Les dépenses énergétiques doivent aussi contribuer au maintien de ce nouvel équilibre pondéral. C’est précisément le rôle de la stabilisation dans le Programme RNPC : accompagner cette transition pour limiter le risque de reprise de poids à court et long terme.

En résumé : La phase de stabilisation commence lorsque l’objectif de perte de poids a été atteint. Elle dure au minimum trois mois et sa durée dépend notamment du nombre de kilos perdus. Les apports caloriques, principalement issues des glucides et des lipides, sont alors réintroduits progressivement, par paliers, jusqu’à atteindre les besoins énergétiques personnels du patient. L’activité physique et un apport adapté en oméga-3 EPA et DHA complètent cette stratégie.

Quand commence la phase de stabilisation RNPC et combien de temps dure-t-elle ?

Le Programme RNPC s’organise autour de trois grandes périodes : la phase d’amaigrissement, la phase de stabilisation, puis la phase d’équilibre avec son suivi à long terme . La stabilisation intervient donc lorsque le patient a atteint l’objectif de poids défini avec la diététicienne RNPC.

Le passage en stabilisation ne signifie donc pas que la prise en charge est terminée. Il marque au contraire le début d’une période charnière : l’objectif n’est plus de créer un déficit énergétique nécessaire à la perte de poids, mais d’augmenter progressivement les apports caloriques tout en maintenant le poids atteint.

La durée  de la phase de stabilisation RNPC est adaptée au nombre de kilos perdus, avec un minimum de trois mois : plus la perte de poids a été importante, plus cette période de transition est longue.

Pourquoi les calories, les glucides et les lipides sont-ils réintroduits progressivement ?

Pendant la phase d’amaigrissement RNPC, les apports énergétiques sont volontairement réduits afin de permettre une perte de poids significative. À long terme, ce déficit énergétique n’a pas vocation à être maintenu. La phase de stabilisation consiste donc à augmenter progressivement l’apport énergétique quotidien, en réintroduisant par étapes différents aliments apportant notamment des glucides et des lipides.

Au cours des mois précédents, le métabolisme  s’est adapté à la restriction calorique en réduisant ses dépenses énergétiques, et plusieurs mécanismes biologiques tendent alors à favoriser la récupération du poids perdu. C’est pourquoi l’augmentation des apports caloriques ne doit jamais être brutale, l’organisme étant susceptible de stocker cet excès soudain d’énergie sous forme de graisse.

La réintroduction des aliments s’organise en cinq paliers. Ainsi, au fil des étapes, l’alimentation devient de plus en plus diversifiée, se rapprochant d’une alimentation quotidienne classique. Cette méthode permet d’observer l’évolution du poids à mesure que les apports augmentent et, si nécessaire, d’ajuster leur rythme de progression.

Les modifications du plan alimentaire en phase de stabilisation concernent notamment :

  • La quantité totale de calories consommées ;
  • Les aliments apportant des glucides, comme le pain , les féculents, les légumineuses, les laitages et certains fruits ;
  • Les sources de lipides  (huiles végétales , fromage, noix et graines ), indispensables à l’équilibre alimentaire.

L’objectif final est de revenir aux besoins énergétiques personnels du patient. Ceux-ci ne sont pas identiques d’une personne à l’autre : ils varient notamment selon le sexe, l’âge, le poids, la taille, et le niveau d’activité physique. Après une perte de poids, ils peuvent notamment être inférieurs à leur niveau antérieur. Pour stabiliser son poids, il faut tendre vers un nouvel équilibre dans lequel les apports énergétiques correspondent aux besoins réels de l’organisme.

Ces besoins sont calculés à partir de formules – la formule de Black chez RNPC – mais le résultat donné reste toutefois une estimation. L’évolution pondérale au cours des différents paliers apporte donc une information essentielle : elle permet à la diététicienne RNPC d’ajuster les apports au plus près de la réponse individuelle du patient.

Cette période de transition a aussi une importante dimension pédagogique. Le patient apprend à se nourrir différemment, l’enjeu étant de trouver le niveau d’apport énergétique le plus adapté au maintien de son nouveau poids dans la durée.

Pourquoi l’activité physique devient-elle particulièrement importante pendant la stabilisation ?

L’activité physique occupe une place centrale dans le maintien du poids après un amaigrissement. Elle accroit les dépenses énergétiques, contribue au maintien de la masse musculaire et participe à l’amélioration de la santé métabolique et cardiovasculaire.

La phase de stabilisation est donc un moment privilégié pour renforcer ou installer durablement une routine d’activité physique. Il ne s’agit pas nécessairement de pratiquer un sport intensif mais de bouger régulièrement et tous les jours. La marche, le vélo, la natation, ou encore les activités du quotidien comme monter des escaliers, peuvent tous contribuer à augmenter le niveau d’activité physique global.

Le renforcement musculaire avec des poids présente aussi un intérêt particulier après une perte de poids. En effet, le muscle consomme beaucoup d’énergie, même au repos. Développer sa masse musculaire contribue ainsi à limiter le risque de reprise de poids et à améliorer sa composition corporelle, en plus de préserver son capital osseux et maintenir ses capacités fonctionnelles.

L’objectif n’est pas de compenser l’énergie apportée par les aliments réintroduits, mais plutôt d’intégrer l’exercice physique à un nouvel équilibre entre apports et dépenses énergétiques, de façon suffisamment réaliste pour pratiquer cette activité au quotidien et à long terme.

Pourquoi des oméga-3 EPA et DHA sont-ils proposés pendant cette phase ?


Dans le cadre de la phase de stabilisation du Programme RNPC, une attention particulière est également portée aux oméga-3, qui sont systématiquement proposés au patient sous forme de supplémentation, en plus des sources alimentaires tels que les poissons gras, les noix et certaines huiles.



Les oméga-3 EPA et DHA sont des constituants importants des membranes cellulaires. Des apports suffisants contribuent au maintien de la fluidité membranaire, favorisant ainsi une signalisation cellulaire efficace, indispensable à une réponse optimale des cellules aux différents messagers métaboliques.
Ce rôle est notamment important au niveau du tissu adipeux, où la mobilisation des graisses stockées (lipolyse), dépend de récepteurs membranaires et des signaux qu’ils transmettent à l’intérieur des cellules.

Les diététiciennes RNPC proposent EPA et DHA à doses physiologiques, dans une logique nutritionnelle et non pharmacologique. Ils ne sont donc pas des « brûleurs de graisse », mais participent, aux côtés de l’alimentation et de l’activité physique, au maintien d’un métabolisme lipidique normal.


Conclusion

La phase de stabilisation RNPC constitue une phase à part entière du Programme RNPC, le trait d’union entre perdre du poids et réussir à maintenir cette perte de poids dans la durée. D’une durée minimale de trois mois et adaptée au nombre de kilos perdus, elle laisse à l’organisme et au patient le temps nécessaire pour passer progressivement d’une alimentation hypocalorique à davantage de diversité et de flexibilité alimentaires sans perdre les repères acquis pendant l’amaigrissement. Sa force repose précisément sur cette progressivité : les calories sous forme de glucides et lipides sont réintroduits par paliers jusqu’à atteindre les besoins énergétiques réels et personnels du patient. Associée à l’activité physique, à des apports optimaux en oméga-3 et à un suivi régulier, cette démarche vise à créer les conditions les plus favorables au maintien du poids perdu.