Lorsqu’une personne décide de perdre du poids, elle pense naturellement à modifier son alimentation, à augmenter son activité physique ou à se faire accompagner par un diététicien. Mais lorsque le surpoids ou l’obésité s’accompagne d’une hypertension artérielle, d’un diabète de type 2, d’une dyslipidémie, d’une stéatose hépatique ou d’autres complications cardiovasculaires et/ou métaboliques, la perte de poids s’inscrit plus largement dans un véritable parcours de santé.
Dans ce contexte, le médecin, et en particulier le médecin traitant, occupe une place centrale. Parce qu’il connaît les antécédents du patient, ses traitements et ses éventuelles pathologies, il peut l’accompagner dans sa démarche, évaluer les bénéfices obtenus et adapter si nécessaire sa prise en charge médicale au fur et à mesure de l’amaigrissement.
Dans le cadre du Programme RNPC, le suivi diététique ne se substitue pas au suivi médical. Les deux sont complémentaires : le centre RNPC accompagne le patient dans sa perte de poids et la modification durable de ses habitudes alimentaires, tandis que le médecin continue d’assurer le suivi de son état de santé et sa prise en charge médicamenteuse.
Le médecin traitant, un soutien dans la démarche de perte de poids
Perdre du poids est rarement une démarche isolée. Pour une personne présentant un surpoids ou une obésité, elle peut faire partie d’une stratégie plus globale destinée à améliorer sa santé et à prévenir ou mieux contrôler certaines maladies chroniques et leurs complications.
Le médecin traitant peut ainsi constituer un soutien important dès le début de la démarche. Il connaît généralement l’histoire médicale du patient, ses facteurs de risque, ses traitements et l’évolution de ses principaux paramètres de santé. Cette vision globale lui permet d’aborder l’intérêt d’une perte de poids dans un contexte médical plus large.
Son rôle ne consiste pas nécessairement à fixer un chiffre à atteindre sur la balance. L’enjeu est plutôt d’évaluer ce que la perte de poids peut apporter au patient : diminution des facteurs de risque, amélioration de la pression artérielle, de l’équilibre glycémique, du bilan lipidique, de la mobilité, du sommeil ou encore de la qualité de vie. Cette approche peut-être un véritable levier de motivation pour le patient, pas toujours conscient de l’impact de sa surcharge pondérale sur sa santé.
Un coordinateur du parcours de soins
Le surpoids et l’obésité peuvent être associés à de nombreuses maladies chroniques : diabète de type 2, hypertension artérielle, syndrome d’apnées obstructives du sommeil, dyslipidémie, maladie cardiovasculaire, stéatose hépatique métabolique, arthrose, etc.
La prise en charge peut alors faire intervenir plusieurs professionnels de santé : médecin généraliste, cardiologue, endocrinologue-diabétologue, pneumologue, hépatologue, rhumatologue, diététicien ou encore professionnel de l’activité physique adaptée.
Le médecin traitant, souvent généraliste, occupe une position centrale pour coordonner ces différents intervenants et conserver une vision d’ensemble de l’état de santé du patient. L’accompagnement diététique trouve naturellement sa place dans cette prise en charge globale.
Le rôle des médecins spécialistes reste également essentiel. Un patient suivi pour un diabète, une maladie cardiovasculaire ou une autre pathologie chronique doit poursuivre normalement son suivi spécialisé pendant sa perte de poids. Selon la situation, l’amélioration pondérale et métabolique pourra conduire le spécialiste à réévaluer certains objectifs ou certains traitements.
Le Programme RNPC s’intègre ainsi parfaitement dans un parcours de soins existant, en complément du suivi médical habituel du patient.

Perdre du poids peut nécessiter d’adapter certains traitements
Une perte de poids significative peut entraîner une amélioration parfois rapide de certains paramètres métaboliques. C’est évidemment un objectif recherché, mais cela signifie aussi que certains traitements médicamenteux peuvent devoir être réévalués.
Chez une personne traitée pour une hypertension artérielle, par exemple, une diminution de la pression artérielle peut conduire le médecin à adapter le traitement antihypertenseur afin d’éviter une pression trop basse ou des symptômes tels que de la fatigue ou des vertiges.
La même vigilance s’impose chez certains patients diabétiques. Lorsque l’alimentation change et que le poids diminue, la régulation glycémique peut très vite s’améliorer. Selon les médicaments utilisés, une adaptation thérapeutique peut alors être nécessaire, notamment pour limiter le risque d’hypoglycémie.
Le patient ne doit jamais modifier seul le schéma thérapeutique prescrit par son médecin, et prendre ses médicaments à la posologie indiquée. Seul le médecin peut décider, en fonction de l’évolution clinique et biologique, de diminuer, d’arrêter ou au contraire de maintenir un traitement. C’est pourquoi il est important que le ce dernier soit informé de la démarche de perte de poids et de son évolution, particulièrement chez les personnes traitées pour une maladie chronique.
Les analyses biologiques : mesurer des progrès que la balance ne montre pas
Le suivi médical peut également révéler des bénéfices qui ne se voient pas directement sur la balance.
En fonction de la situation du patient, le médecin peut prescrire des analyses biologiques : glycémie à jeun, hémoglobine glyquée (HbA1c) chez une personne diabétique ou prédiabétique, bilan lipidique, enzymes hépatiques ou encore d’autres paramètres jugés pertinents selon les antécédents et les traitements.
Comparer ces résultats au cours de la perte de poids peut permettre d’objectiver l’évolution de l’état de santé métabolique.
Cette dimension est également intéressante sur le plan motivationnel. Un patient peut traverser une période durant laquelle son poids stagne alors que son état de santé continue de s’améliorer. Constater une baisse de l’HbA1c, une amélioration des triglycérides ou de certains paramètres hépatiques peut donner un sens très concret aux efforts entrepris.
La réussite d’une perte de poids se mesure aussi par ses effets sur la santé.
Prescription d’un aGLP-1 : le rôle essentiel du médecin dans l’accompagnement nutritionnel
Le rôle du médecin est particulièrement important lorsqu’un traitement médicamenteux anti-obésité tel que Wegovy® (sémaglutide ) ou Mounjaro® (tirzépatide) est prescrit. Leur autorisation de mise sur le marché (AMM) prévoit leur utilisation en complément d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique : le médicament ne doit donc pas se substituer à la prise en charge nutritionnelle. Cette place est également rappelée par la Haute Autorité de santé (HAS), qui recommande que les mesures diététiques et l’activité physique soient poursuivies et encouragées pendant le traitement.
Le médecin prescripteur joue ainsi un rôle clé pour orienter le patient vers un accompagnement diététique adapté et s’assurer de sa poursuite pendant le traitement. La forte diminution de l’appétit et des apports alimentaires peut en effet exposer à des apports insuffisants en protéines, vitamines et minéraux et favoriser, lors d’une perte de poids importante, une diminution de la masse musculaire et osseuse. Le suivi diététique permet de veiller à la qualité et à la suffisance des apports tout au long de la perte de poids, tout en préparant le maintien des résultats à long terme.

Une communication entre le centre RNPC et les médecins du patient
Pour qu’un parcours de soins soit cohérent, les différents professionnels de santé impliqués doivent pouvoir disposer des informations utiles à la prise en charge du patient.
C’est dans cette logique que le centre RNPC transmet des comptes rendus aux médecins du patient. Ceux-ci permettent de les informer du déroulement du programme et de l’évolution pondérale au cours du suivi.
Cette communication est particulièrement utile lorsque le patient présente une ou plusieurs maladies chroniques ou prend des médicaments susceptibles de devoir être réévalués avec la perte de poids. Le médecin peut ainsi intégrer les informations concernant l’évolution pondérale à son propre suivi clinique et biologique et, lorsqu’il le juge nécessaire, adapter la prise en charge médicale.
Le patient bénéficie alors d’une véritable complémentarité de soins : d’un côté, un accompagnement diététique et comportemental centré sur la perte de poids, la stabilisation pondérale et l’évolution des habitudes alimentaires et du mode de vie ; de l’autre, un suivi médical permettant d’évaluer les conséquences de cette perte de poids sur sa santé.
Le médecin, un partenaire également important après la perte de poids
Atteindre son objectif pondéral ne marque pas la fin du Programme RNPC. Pendant toute la durée de la phase de stabilisation et même au-delà, le médecin reste un interlocuteur privilégié pour suivre l’évolution des facteurs de risque et des maladies chroniques, réévaluer régulièrement les traitements et encourager la poursuite des habitudes favorables au maintien d’une bonne santé.
Cette continuité est d’autant plus importante que l’obésité est aujourd’hui considérée comme une maladie chronique complexe, multifactorielle et récidivante, nécessitant souvent une prise en charge prolongée.
De son côté, le Programme RNPC prévoit une phase d’équilibre avec un accompagnement à vie, destiné à favoriser le maintien à long terme des résultats obtenus pendant les phases précédentes du programme.
Conclusion : médecin et diététicien, deux rôles complémentaires
Dans le cadre du Programme RNPC, le médecin et le diététicien n’ont pas le même rôle, mais leurs interventions sont complémentaires.
Le diététicien accompagne concrètement le patient dans sa démarche de perte de poids, adapte la stratégie nutritionnelle et l’aide progressivement à adopter de nouvelles habitudes de vie. Le médecin, en particulier le médecin traitant, conserve quant à lui une vision globale de l’état de santé : il coordonne le parcours de soins, surveille les maladies associées, prescrit si nécessaire des examens biologiques et adapte les traitements lorsque l’amélioration de l’état de santé le justifie.
Cette complémentarité prend une importance particulière chez les personnes atteintes de maladies chroniques et chez celles traitées par un médicament anti-obésité agissant analogue du GLP-1, pour lesquelles un accompagnement nutritionnel adapté contribue à préserver la qualité des apports alimentaires et le maintien de la masse musculaire tout au long de la perte de poids.
Au-delà des kilos perdus, l’objectif reste en effet le même : transformer la perte de poids en bénéfices durables pour la santé.
Dois-je consulter mon médecin avant de commencer le Programme RNPC ?
Il est recommandé d’informer son médecin de sa démarche de perte de poids, en particulier en cas de maladie chronique ou de traitement médicamenteux. Le médecin connaît les antécédents médicaux et les traitements de son patient ; il peut ainsi émettre des recommandations particulières relatives à la prise en charge nutritionnelle et suivre les effets de la perte de poids sur son état de santé.
Quel est le rôle du médecin pendant le Programme RNPC ?
Le médecin assure le suivi médical du patient parallèlement à son accompagnement diététique. Il peut notamment surveiller l’évolution des maladies associées au surpoids ou à l’obésité, prescrire des examens biologiques et adapter certains traitements lorsque l’amélioration de l’état de santé le nécessite. Le médecin traitant joue également un rôle central dans la coordination du parcours de soins.
Mes médicaments peuvent-ils être supprimés si je perds du poids ?
Oui, dans certains cas. Une perte de poids peut par exemple améliorer rapidement la pression artérielle ou la régulation de la glycémie et rendre nécessaire une adaptation de certains traitements antihypertenseurs ou antidiabétiques. Cette décision appartient exclusivement au médecin : un traitement ne doit jamais être diminué ou arrêté de sa propre initiative.
Pourquoi faire des analyses de sang après une perte de poids ?
Les analyses biologiques permettent d’évaluer des bénéfices qui ne sont pas visibles sur la balance. Selon la situation, le médecin peut notamment contrôler la glycémie, l’hémoglobine glyquée (HbA1c), le bilan lipidique ou les enzymes hépatiques. Voir ces paramètres s’améliorer peut également constituer une source supplémentaire de motivation pour le patient.
Pourquoi un suivi diététique est-il important avec Wegovy® ou Mounjaro ?
Wegovy® et Mounjaro® sont indiqués en complément d’une alimentation hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique. La diminution importante de l’appétit qu’ils peuvent provoquer peut conduire à des apports insuffisants en certains nutriments (protéines, vitamines et minéraux) et, en cas de perte de poids importante, favoriser une perte significative de masse musculaire et osseuse. Le médecin joue donc un rôle essentiel pour orienter le patient vers un accompagnement diététique adapté et veiller à sa poursuite pendant le traitement.
Mon médecin est-il informé de l’évolution de mon poids pendant le Programme RNPC ?
Oui. Avec votre accord, le centre RNPC transmet des comptes rendus aux médecins du patient afin de les informer du déroulement du programme et de son évolution pondérale. Le médecin peut ainsi intégrer ces informations à son suivi clinique et biologique et, si nécessaire, réévaluer la prise en charge médicale ou les traitements.
