Votre glycémie à jeun est trop élevée mais pas suffisamment pour poser un diagnostic de diabète ; il s’agit donc d’un prédiabète. Vous n’êtes pas encore malade mais il est tout de même temps de tirer la sonnette d’alarme car le risque de développer un diabète de type 2 dans les années qui suivent est maintenant bien plus élevé.
Quelles mesures prendre à la suite de ce diagnostic ?
Qu’est ce que le prédiabète ?
Le prédiabète, parfois également qualifié d’intolérance au glucose, est une étape avant le diabète de type 2, une sorte de forme intermédiaire avant que la véritable maladie ne se déclare.
Si les patients atteints de prédiabète veulent inverser l’évolution naturelle et fatidique de la maladie, ils doivent impérativement adopter de nouvelles habitudes alimentaires et amorcer des changements de leur mode de vie afin de prévenir ou au moins retarder l’apparition du diabète.
Une simple prise de sang permet de poser le diagnostic de prédiabète (ou de diabète, le cas échéant). C’est la valeur de glycémie à jeun, soit la quantité de sucre dans le sang après une période de jeûne de 8 heures, qui détermine si la personne est :
- Diabétique : glycémie supérieure ou égale à 1,26 g/l.
- Normoglycémique : glycémie normale, inférieure à 1,10 g/l ;
- Prédiabétique : glycémie entre 1,10 et 1,25 g/l ;
Les mécanismes biologiques à l’origine du prédiabète

L’organisme régule la glycémie dans le sang grâce à l’action d’une hormone, l’insuline, qui est produite par le pancréas et dont le rôle principal est de faire rentrer le glucose sanguin dans les cellules musculaires et hépatiques.
Mais chez certaines personnes qui présentent des facteurs de risque, il arrive que l’insuline perde progressivement son efficacité et que les muscles et le foie ne répondent plus de façon appropriée à son action : le corps devient résistant à l’insuline ou « insulinorésistant ».
Cette résistance à l’insuline passe généralement inaperçue car le pancréas est capable de produire de plus grandes quantités de l’hormone pour compenser son manque d’efficacité et ainsi permettre à l’organisme de maintenir la glycémie à des taux à peu près normaux.
Cependant, cette surproduction d’insuline demande un effort important au pancréas qui finit par s’épuiser. Avec le temps, il parvient de moins en moins à produire l’insuline nécessaire au bon fonctionnement de l’organisme, avec pour conséquence directe l’augmentation concomitante de la glycémie. Le prédiabète s’installe, puis le diabète de type 2 lorsque l’hyperglycémie, devenue chronique, atteint un seuil exposant le patient à un risque accru de complications cardiovasculaires, rénales ou nerveuses.
Suis-je à risque de prédiabète ?
Les facteurs de risque du prédiabète sont en toute logique les mêmes que ceux du diabète :
- L’âge : À partir de 45 ans, il est recommandé de réaliser régulièrement un contrôle glycémique pour détecter une éventuelle anomalie.
- Le tour de taille : Un périmètre abdominal supérieur ou égal à 94 cm chez l’homme et 80 cm chez la femme trahit une accumulation de graisse au niveau viscéral. Cette graisse, qui entoure et infiltre les organes tels que le pancréas, le foie, et les muscles, contribue fortement au développement de l’insulinorésistance et du diabète.
- Des antécédents familiaux : si un parent du premier degré (père, mère, frère ou sœur) est diabétique, le risque de prédiabète est de 40 % ; si deux parents sont diabétiques, le risque est de 70 %.
- Une alimentation déséquilibrée : Ce sont surtout les excès d’aliments riches en sucres qui favorisent le prédiabète.
- La sédentarité : Pratiquer moins de 30 minutes d’activité physique par jour vous expose à un risque accru de prédiabète.
Vous souhaitez évaluer votre risque de diabète ? Remplissez ce questionnaire en ligne proposé par la Fédération Française des Diabétiques :
https://contrelediabete.federationdesdiabetiques.org/le-test.
Comment sortir du prédiabète ?
Il faut environ 5 à 10 ans au prédiabète pour se transformer en diabète. Malgré ce laps de temps assez long, 80 % des personnes à qui on diagnostique un prédiabète finissent par devenir diabétiques.
Afin de prévenir le diabète de type 2, l’application de mesures hygiéno-diététiques suffisent :
- Lutter contre le surpoids, surtout lorsque celui s’installe au niveau de la ceinture abdominale.
- Suivre un régime de type méditerranéen, en limitant les glucides et en privilégiant les aliments à index glycémique bas. Être accompagné par un par un diététicien est fortement recommandé.
- Bouger ! Marcher, monter les escaliers, jardiner… 30 minutes d’activité modérée et soutenue sont recommandées au quotidien. En parallèle, il faut lutter contre la sédentarité en passant le minimum de temps assis ou couché, hors temps de repos.
- Il peut être utile, en complément d’adopter des mesures pour améliorer la qualité du sommeil et mieux gérer le stress, ce qui peut contribuer à lutter contre l’insulinorésistance.
En cas d’échec de ces mesures après 6 mois d’application, le recours à des médicaments comme la metformine est possible, sur prescription médicale.
La bonne nouvelle, c’est que la seule modification de son style de vie peut réduire de près de 60 % le risque d’être atteint de diabète de type 2.
Conclusion
Le prédiabète est un signal d’alerte qui ne doit pas être ignoré. Bien qu’il représente une étape intermédiaire avant le diabète de type 2, il est encore temps d’agir pour inverser la tendance. En adoptant une alimentation équilibrée, en augmentant son activité physique et en améliorant son hygiène de vie, il est possible de réduire considérablement le risque de progression vers le diabète. Ces changements sont une véritable opportunité pour préserver sa santé sur le long terme.
