La graisse abdominale, souvent appelée graisse du ventre ou graisse viscérale, est aujourd’hui considérée par les scientifiques comme l’un des indicateurs les plus importants du risque de maladies chroniques.

Pendant longtemps, l’évaluation du poids et de la santé reposait essentiellement sur le calcul de l’indice de masse corporelle (IMC). Pourtant, cet indicateur ne suffit pas toujours à identifier les personnes réellement à risque.

En effet, la localisation de la graisse dans l’organisme est parfois plus déterminante que la quantité totale de graisse corporelle. Une accumulation de graisse au niveau de l’abdomen peut ainsi augmenter fortement le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et même de mortalité prématurée.

C’est pourquoi les professionnels de santé recommandent aujourd’hui de surveiller non seulement le poids, mais aussi le tour de taille, afin d’évaluer plus précisément la présence de graisse abdominale.

L’IMC, utile mais pas suffisant

L’indice de masse corporelle (IMC) est un outil simple permettant d’estimer la corpulence d’une personne à partir de sa taille et de son poids.

Il est largement utilisé dans le monde médical car il présente plusieurs avantages :

  • Calcul simple et rapide
  • Mesure peu coûteuse
  • Outil standardisé utilisé à l’échelle internationale

Cependant, l’IMC présente une limite majeure : il ne permet pas de mesurer la répartition de la masse grasse dans le corps.

Or, deux personnes ayant le même IMC peuvent présenter des profils de santé très différents.

Par exemple :

  • Une personne peut avoir un IMC normal mais un excès de graisse abdominale
  • Une autre peut avoir un IMC plus élevé mais une graisse majoritairement localisée au niveau des hanches ou des cuisses

Dans ces situations, les risques pour la santé ne sont pas les mêmes.

C’est pourquoi les experts recommandent désormais de compléter l’évaluation de la corpulence par la mesure du tour de taille, qui permet d’estimer plus précisément la quantité de graisse viscérale.

Pour en savoir plus sur cet indicateur simple mais très révélateur, vous pouvez consulter cet article :
Découvrez comment votre tour de taille peut altérer votre état de santé

La graisse abdominale un facteur majeur de mortalité

Une étude scientifique publiée dans le British Medical Journal a analysé les données de plus de deux millions de personnes afin d’évaluer le lien entre différentes mesures corporelles et le risque de mortalité. [1].

Les chercheurs ont étudié plusieurs indicateurs :

  • Tour de taille
  • Tour de hanches
  • Tour de cuisses
  • Rapport taille/hanche
  • Rapport taille/cuisse
  • Indices d’adiposité corporelle

Les résultats sont particulièrement clairs.

Les chercheurs ont constaté que :

  • Les personnes présentant un tour de taille élevé avaient un risque de mortalité plus important
  • Les personnes avec un tour de hanches ou de cuisses plus important avaient un risque plus faible

Autrement dit, la graisse abdominale est associée à un risque de mortalité plus élevé, toutes causes confondues.

Ces résultats confirment que l’obésité abdominale constitue un indicateur majeur du risque pour la santé.

Un autre article du site RNPC explique également pourquoi la graisse du ventre représente un facteur de risque important pour la mortalité :
https://www.rnpc.fr/graisse-du-ventre-facteur-risque-mortalite/

Pourquoi la graisse viscérale est dangereuse ?

La graisse abdominale est différente des autres graisses corporelles.

On distingue notamment :

La graisse sous cutanée

Située sous la peau, elle est généralement moins dangereuse pour la santé.

La graisse viscérale

Elle entoure les organes internes comme :

  • Le foie
  • Les intestins
  • Le pancréas

C’est cette graisse viscérale abdominale qui pose le plus de problèmes de santé.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la graisse viscérale n’est pas simplement un tissu de stockage. Elle agit comme un organe métaboliquement actif capable de produire différentes substances.

Elle libère notamment :

  • Des molécules inflammatoires
  • Des hormones
  • Des acides gras libres

Ces substances peuvent perturber le fonctionnement de l’organisme et favoriser plusieurs maladies.

Une accumulation excessive de graisse abdominale est ainsi associée à :

  • La résistance à l’insuline
  • Le diabète de type 2
  • L’hypertension artérielle
  • L’augmentation des triglycérides
  • La diminution du bon cholestérol (HDL)

Ces perturbations constituent les principaux éléments du syndrome métabolique, un facteur majeur de maladies cardiovasculaires.

Les maladies liées à la graisse abdominale

De nombreuses recherches ont démontré que la graisse abdominale est associée à un risque accru de plusieurs maladies chroniques.

Parmi les pathologies les plus fréquemment associées à l’obésité abdominale figurent :

Les maladies cardiovasculaires

L’excès de graisse viscérale favorise :

  • L’athérosclérose
  • L’hypertension
  • Les infarctus
  • Les accidents vasculaires cérébraux

Le diabète de type 2

La graisse abdominale favorise la résistance à l’insuline, ce qui peut entraîner une élévation chronique de la glycémie.

La stéatose hépatique

Également appelée maladie du foie gras, elle correspond à une accumulation de graisse dans le foie.

Certains cancers

L’obésité abdominale est associée à un risque accru de plusieurs cancers, notamment :

  • Cancer colorectal
  • Cancer du sein
  • Cancer du pancréas

Les troubles respiratoires

La graisse abdominale peut également favoriser :

  • Les troubles respiratoires
  • L’apnée du sommeil

Comment réduire votre risque de mortalité ?

C’est LA question dont tout le monde veut connaître la réponse. Eh bien, il y a de mauvaises nouvelles et de bonnes nouvelles. Une étude plus ancienne portant sur la répartition des graisses chez des jumelles monozygotes (“vrais” jumelles) et dizygotes (“fausses” jumelles) a révélé la mauvaise nouvelle, à savoir que la façon dont votre corps stocke les graisses est largement déterminée par la génétique [3]. La bonne nouvelle est que la graisse abdominale n’est pas une fatalité. Il est possible de s’en débarrasser en adoptant les mêmes habitudes et stratégies comportementales que celles recommandées pour la maintenir une bonne santé générale :

  • Votre alimentation est LE facteur clé : misez sur les protéines maigres et les légumes qui doivent représenter l’essentiel du contenu de votre assiette ; Certains modèles alimentaires, comme le régime méditerranéen, sont particulièrement bénéfiques pour la santé métabolique.
    https://www.rnpc.fr/regime-mediterraneen-regime-sante-par-excellence/
  • Limitez les glucides transformés, et en particulier les sucres ajoutés c’est-à-dire ceux qui ne sont pas naturellement présents dans les aliments ;
  • Pratiquez régulièrement une activité physique adéquate (c’est-à-dire compatible avec votre état de santé) d’intensité modérée ou élevée, au moins 150 minutes par semaine ;
  • Soignez votre sommeil, qui doit être réparateur ; pour la plupart des adultes, cela correspond à sept à huit heures de sommeil par nuit. Un mauvais sommeil est associé à une augmentation de la libération de plusieurs hormones – insuline, cortisol, ghréline – qui favorisent la prise alimentaire et le stockage des calories en excès dans la région abdominale ;
  • Limitez le stress car il est également responsable d’une libération accrue de cortisol.

Conclusion : surveiller son tour de taille pour préserver sa santé

Pendant longtemps, l’IMC a été considéré comme l’indicateur principal pour évaluer les risques liés au poids.

Aujourd’hui, les données scientifiques montrent que la localisation de la graisse est tout aussi importante que la quantité totale de graisse corporelle.

La présence d’une graisse abdominale excessive constitue un facteur de risque majeur pour de nombreuses maladies chroniques.

La mesure du tour de taille, simple et rapide, permet d’identifier plus facilement les personnes exposées à ces risques.

Adopter une alimentation équilibrée, pratiquer une activité physique régulière, améliorer son sommeil et limiter le stress sont autant de leviers efficaces pour réduire la graisse abdominale et protéger sa santé à long terme.

FAQ : Graisse abdominale et santé

Pourquoi la graisse abdominale est-elle dangereuse ?

La graisse abdominale, et en particulier la graisse viscérale, est métaboliquement active. Elle libère des substances inflammatoires qui favorisent la résistance à l’insuline, les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2.

Quel tour de taille est considéré comme dangereux ?

Les seuils généralement utilisés sont :

  • 80 cm chez la femme
  • 94 cm chez l’homme

Au-delà de ces valeurs, le risque de maladies métaboliques et cardiovasculaires augmente.

Peut-on avoir un IMC normal mais trop de graisse abdominale ?

Oui. Une personne peut présenter un IMC normal mais une accumulation de graisse viscérale. C’est pourquoi la mesure du tour de taille est un indicateur complémentaire important.

Références

  • Jayedi A, et al. Central fatness and risk of all-cause mortality: systematic review and dose-response meta-analysis of 72 prospective cohort studies. 2020;370:m3324
  • Ashwell M, et al. Waist-to-height ratio is a better screening tool than waist circumference and BMI for adult cardiometabolic risk factors: systematic review and meta-analysis. Obes Rev. 2012;13(3):275-86
  • D G Carey DG, et al. Genetic influences on central abdominal fat: a twin study. Int J Obes Relat Metab Disord. 1996;20(8):722-6