Vous avez peut-être déjà entendu parler de la NASH, cette maladie du foie liée au surpoids. Depuis 2023, elle porte un nouveau nom : la MASH. Ce changement n’est pas un simple détail de vocabulaire : il traduit une meilleure compréhension des liens entre santé du foie et anomalies métaboliques. La MASH (stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique) touche une part croissante de la population, en lien direct avec la progression du surpoids et de l’obésité [1].
Comprendre ce terme, pourquoi il a été choisi, et surtout les leviers pour freiner ou inverser la maladie, est essentiel pour toute personne concernée par son poids et sa santé hépatique. Cet article fait le point sur cette nomenclature, le mécanisme physiopathologique de la maladie, et le rôle central que joue la perte de poids dans sa prise en charge.
En bref
- La MASH (stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique) est le nouveau nom international de la NASH depuis 2023.
- Ce changement de nomenclature, porté par l’AASLD, l’EASL et l’ALEH, remplace un diagnostic d’exclusion par des critères métaboliques positifs.
- La MASH ne doit pas être confondue avec la MASLD, stade antérieur de simple stéatose sans inflammation confirmée.
- Une perte de poids de 7 à 10 % réduit l’inflammation hépatique ; au-delà de 10 %, le taux de résolution de la maladie atteint 90 %.
- Le resmetirom, premier traitement médicamenteux ciblé de la MASH, bénéficie depuis février 2026 d’un accès précoce en France pour les formes avec fibrose avancée.
- Les mesures hygiéno-diététiques restent le traitement de première intention, quel que soit le stade de la maladie.
Qu’est-ce que la MASH ?
La MASH désigne une inflammation du foie associée à une accumulation de graisses (stéatose) et à des facteurs de risque métaboliques : surpoids ou obésité, insulinorésistance et/ou diabète de type 2, élévation chronique de la tension artérielle, dyslipidémie. Contrairement à une simple stéatose hépatique, la MASH s’accompagne d’une souffrance des cellules du foie (les hépatocytes) et, dans certains cas, d’une fibrose, caractérisée par un dépôt de tissu cicatriciel qui peut, à terme, évoluer vers une cirrhose.
Avant 2023, cette pathologie était connue sous le nom de NASH (stéatohépatite non alcoolique). Le terme « MASH » ne désigne pas une nouvelle maladie : c’est la même réalité clinique, renommée pour mieux en refléter l’origine.
Pourquoi ce changement de nom en 2023 ?
En juin 2023, les principales sociétés savantes internationales d’hépatologie, l’American Association for the Study of Liver Diseases (AASLD), l’European Association for the Study of the Liver (EASL) et l’Asociación Latinoamericana para el Estudio del Hígado (ALEH), ont validé, au terme d’un processus de consensus (méthode Delphi) engagé depuis 2020, une nouvelle nomenclature des maladies hépatiques liées à la stéatose [1].
Deux raisons principales ont motivé ce changement :
- sortir d’un diagnostic par exclusion. L’ancien terme « non alcoolique » définissait la maladie négativement, en excluant d’autres causes possibles, sans rattacher directement la pathologie à son origine réelle. Le nouveau nom introduit des critères positifs : la présence d’au moins un facteur de risque cardiométabolique reconnu ;
- réduire la stigmatisation. Les termes « non alcoolique » ou « maladie du soda » ont pu être vécus comme stigmatisants par les patients, ou source de confusion avec une origine liée à la consommation d’alcool, ce qui n’est pas le cas ici.
88 % du comité d’experts consultés ont soutenu MASH comme terme de remplacement de la NASH [1].
MASH et MASLD : deux stades à ne pas confondre
Cette nouvelle nomenclature a également concerné un terme voisin, la MASLD (stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique), qui succède à l’ancien NAFLD (stéatose hépatique non alcoolique). La distinction est importante :
- la MASLD désigne la présence d’une stéatose hépatique associée à au moins un facteur de risque cardiométabolique, sans inflammation ni lésion cellulaire confirmée ;
- la MASH correspond à un stade plus avancé : une inflammation et une souffrance des hépatocytes sont présentes, avec un risque de fibrose évolutive.
Autrement dit, la MASLD est un stade plus précoce et plus large de la même famille de pathologies et la MASH en est une forme active et plus sévère.
Comment la maladie évolue-t-elle ?
Le mécanisme suit généralement une progression par étapes :
- stéatose simple (MASLD) : accumulation de graisses dans le foie, souvent asymptomatique ;
- stéatohépatite (MASH) : apparition d’une inflammation et d’une souffrance des cellules hépatiques ;
- fibrose : le tissu hépatique endommagé est progressivement remplacé par du tissu cicatriciel ;
- cirrhose : stade avancé, avec un risque accru de complications (insuffisance hépatique, carcinome hépatocellulaire).
Cette progression n’est pas systématique ni obligatoirement linéaire : elle dépend du profil métabolique de chaque personne. Elle peut être ralentie, stabilisée, voire régresser à certains stades, notamment grâce à la perte de poids. Aux stades de cirrhose décompensée ou de cancer du foie, la transplantation hépatique (greffe de foie) devient généralement le seul traitement possible pour restaurer une fonction hépatique normale.
Symptômes et dépistage
La MASH est le plus souvent silencieuse aux stades précoces, ce qui retarde le diagnostic et rend donc le dépistage systématique important chez les personnes présentant des facteurs de risque métaboliques (surpoids, diabète de type 2, hypertension artérielle, syndrome métabolique). Le dépistage s’appuie généralement sur :
- un dosage des transaminases hépatiques (bilan sanguin) ;
- le calcul de scores non invasifs comme l’indice FIB-4, combinant âge, transaminases et plaquettes ;
- si besoin, une élastographie hépatique (FibroScan) pour évaluer la fibrose sans biopsie systématique.
Pour aller plus loin sur les modalités concrètes de ce dépistage, consultez notre article Dépistage de la NASH : comment s’y prendre ?.
Le rôle central du poids dans la prise en charge
C’est l’un des messages les plus solides de la littérature scientifique sur cette pathologie : la perte de poids agit directement sur l’évolution de la maladie, à tous les stades.
Une étude de référence portant sur 293 patients suivis pendant un an a montré une relation dose-effet claire entre l’ampleur de la perte de poids et l’amélioration histologique du foie. Une perte de poids d’au moins 5 % réduit la stéatose, tandis qu’une perte de 7 à 10 % réduit l’inflammation hépatique. Enfin, une perte de poids de 10 % ou plus est associée aux taux les plus élevés de résolution de la maladie (90 % des patients dans cette étude) et de régression de la fibrose (45 % des patients) [2].
Ces résultats confirment pourquoi les mesures hygiéno-diététiques centrées sur l’alimentation et l’activité physique restent recommandées en première intention, avant tout recours à un traitement médicamenteux. Des études rétrospectives menées sur des patients ayant suivi le Programme RNPC confirment ce lien en montrant une amélioration des taux de transaminases avec la perte de poids [3,4].
Pour une vision plus large du lien entre surveillance du poids et prévention de cette pathologie, voir aussi Surveiller son poids pour lutter contre la maladie du foie gras et Perte de poids et NASH : le traitement le plus efficace.
Les traitements disponibles
La prise en charge de la MASH repose sur plusieurs leviers, à ajuster selon le stade de la maladie et le profil de chaque personne :
- mesures hygiéno-diététiques : alimentation équilibrée, pauvre en sucres ajoutés et en acides gras saturés, lutte contre la sédentarité et activité physique régulière, perte de poids progressive en cas de surcharge pondérale ; il s’agit du traitement de première intention à tous les stades de la maladie ;
- chirurgie bariatrique : peut être envisagée chez les personnes en situation d’obésité sévère ou massive, en cas d’échec des mesures hygiéno-diététiques ;
- traitement médicamenteux ciblé : le resmetirom (Rezdiffra®) est, depuis son autorisation par la Commission européenne en 2025, le premier traitement pharmacologique spécifiquement approuvé pour la MASH avec fibrose modérée à avancée. En France, il bénéficie depuis février 2026 d’un accès précoce accordé par la Haute Autorité de Santé, réservé aux patients atteints de MASH non cirrhotique avec fibrose hépatique avancée (stade F3) [5].
Toute modification de traitement médicamenteux doit se faire en accord avec le médecin prescripteur. Le resmetirom ne se substitue pas aux mesures hygiéno-diététiques, qui restent recommandées en parallèle [5].
Pour en savoir plus : La NASH ou maladie du foie gras humain : un problème de santé publique et focus sur la surcharge pondérale et le microbiote intestinal.
Le Programme RNPC® s’adresse aux adultes. Il n’est pas proposé aux mineurs (moins de 18 ans), aux femmes enceintes ni aux femmes allaitantes (12 premiers mois de l’enfant).
Qu’est-ce que la MASH exactement ?
La MASH (stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique) est une accumulation de graisses dans le foie associée à une inflammation en lien avec des facteurs de risque métaboliques comme le surpoids, le diabète de type 2, l’hypertension artérielle ou les dyslipidémies. C’est le nouveau nom, depuis 2023, de ce qu’on appelait la NASH [1].
Pourquoi a-t-on changé le nom de la NASH ?
Le changement, décidé par un consensus international de sociétés savantes en 2023, vise à remplacer un diagnostic fondé sur l’exclusion d’autres causes (en particulier l’excès d’alcool) par des critères métaboliques positifs, et à réduire la stigmatisation associée aux anciens termes [1].
MASH et MASLD, quelle différence ?
La MASLD désigne une stéatose hépatique avec facteur(s) de risque métabolique(s), sans inflammation confirmée. La MASH est un stade plus avancé de la même maladie, avec inflammation et souffrance des cellules hépatiques, et un risque accru de fibrose.
La MASH est-elle réversible ?
Aux stades précoces, oui, dans une large mesure : des mesures centrées sur l’alimentation et l’activité physique, et la perte de poids en cas de surcharge pondérale, permettent une amélioration significative, voire une résolution complète de la MASH chez une majeure partie des patients [2]. Aux stades de fibrose avancée, l’évolution est plus difficile à inverser, d’où l’importance d’un dépistage et d’une prise en charge précoces.
Quels sont les symptômes de la MASH ?
La maladie est souvent silencieuse, en particulier aux stades précoces. Une fatigue ou une gêne au niveau du foie peuvent apparaître à des stades plus avancés, mais le diagnostic repose surtout sur des examens biologiques et d’imagerie, pas sur les symptômes ressentis.
Comment savoir si on a une MASH ?
Le dépistage s’appuie sur un bilan sanguin (avec notamment le dosage des transaminases), le calcul de scores non invasifs comme le FIB-4, et si besoin une élastographie hépatique. Consultez votre médecin traitant en cas de facteurs de risque métaboliques.
Quel pourcentage de perte de poids pour lutter contre la MASH ?
Une perte de poids de 5 % réduit déjà la stéatose, une perte de 7 à 10 % réduit l’inflammation, et une perte de 10 % ou plus entraîne une résolution complète de la maladie chez 9 patients sur 10 et une régression de la fibrose chez 45 % d’entre eux [2].
Existe-t-il un médicament contre la MASH ?
Oui, depuis 2025-2026 : le resmetirom est le premier traitement pharmacologique ciblé contre la MASH approuvé en Europe, pour les formes sans cirrhose avec fibrose modérée à avancée. En France, il est pour l’instant accessible dans le cadre d’un accès précoce réservé à la fibrose avancée (stade F3). Il s’utilise en complément des mesures hygiéno-diététiques adaptées, jamais en remplacement [5].
La chirurgie bariatrique peut-elle traiter la MASH ?
Elle peut être envisagée en cas d’obésité sévère ou massive et d’échec des mesures hygiéno-diététiques adaptées, avec des résultats documentés sur la résolution de la maladie [6]. Cette décision se prend toujours en concertation avec l’équipe médicale.
Le Programme RNPC peut-il aider en cas de MASH ?
Le Programme RNPC®, encadré par une diététicienne nutritionniste, vise une perte de poids conséquente et durable, un facteur favorisant la résolution de la MASH. Il ne remplace pas un suivi médical par un hépatologue et s’inscrit en complément de celui-ci.
La MASH est-elle dangereuse à long terme ?
Non traitée, la MASH peut évoluer vers une fibrose puis une cirrhose, avec un risque accru de complications hépatiques. C’est pourquoi le dépistage précoce et la prise en charge des facteurs de risque, dont la surcharge pondérale, sont recommandés dès le diagnostic de la maladie.
Faut-il arrêter l’alcool en cas de MASH ?
Une consommation d’alcool élevée peut aggraver l’atteinte hépatique et complique le diagnostic (catégorie distincte « MetALD » dans la nouvelle nomenclature). Il est recommandé d’en discuter avec son médecin pour évaluer sa consommation.
Toute modification de traitement médicamenteux doit se faire en accord avec le médecin prescripteur. Cet article ne constitue pas une recommandation de modification thérapeutique.
Références
- Rinella ME, Lazarus JV, Ratziu V, et al. A multi-society Delphi consensus statement on new fatty liver disease nomenclature. J Hepatol. 2023;79(6):1542-1556. Disponible sur : doi.org
- Vilar-Gomez E, Martinez-Perez Y, Calzadilla-Bertot L, et al. Weight Loss Through Lifestyle Modification Significantly Reduces Features of Nonalcoholic Steatohepatitis. Gastroenterology. 2015;149(2):367-378. Disponible sur : doi.org
- Mignot V, Fabre O, Legrand R, et al. FIB-4: A screening tool for advanced liver fibrosis in a cohort of subjects participating in a primary care weight-loss program. PLoS One. 2025 Oct 7;20(10):e0333490. Disponible sur : doi.org
- Christensen L, Thorning TK, Fabre O, et al. Metabolic improvements during weight loss: The RNPC® cohort. Obes Med. 2019;14:100085. Disponible sur : sciencedirect.com
- Haute Autorité de Santé. Décision n°2026.0022/DC/SEM du 5 février 2026 relative à l’autorisation d’accès précoce de REZDIFFRA (resmetirom). 2026. Disponible sur : has-sante.fr
- Lassailly G, Caiazzo R, Buob D, et al. Bariatric Surgery Reduces Features of Nonalcoholic Steatohepatitis in Morbidly Obese Patients. Gastroenterology. 2015;149(2):379-388. Disponible sur : doi.org
Cet article fournit une information générale sur la stéatohépatite métabolique (MASH). Il ne se substitue pas à un avis médical individualisé. Pour toute question de santé, consultez votre médecin traitant ou un professionnel de santé qualifié.
