En France, Ozempic® dispose d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) pour le traitement du diabète de type 2 insuffisamment contrôlé, en complément d’une alimentation adaptée et de l’activité physique. Les données présentées ici concernent Ozempic® utilisé dans cette indication officielle : elles ne permettent pas de conclure quant à la sécurité d’un usage détourné pour perdre du poids. En France, plusieurs médicaments disposent d’une indication propre dans la prise en charge de l’obésité, notamment Saxenda® (liraglutide), Wegovy® (sémaglutide), et Mounjaro® (tirzépatide), dans des conditions et des populations précises définies par leur AMM. Ils ne sont pas interchangeables entre eux ni accessibles à toute personne souhaitant perdre du poids.

Qu’est-ce qu’Ozempic et pour qui est-il indiqué ?

Ozempic® contient du sémaglutide, une substance active de la famille des analogues du GLP-1 (glucagon-like peptide-1), une hormone intestinale impliquée notamment dans la régulation de la glycémie [1]. Le sémaglutide aide le pancréas à libérer de l’insuline lorsque la glycémie augmente, ralentit aussi la vidange de l’estomac et réduit la production de glucagon, une hormone hyperglycémiante. Il s’administre en injection sous-cutanée hebdomadaire, avec une posologie initiée à 0,25 mg par semaine pendant 4 semaines. La dose est ensuite augmentée progressivement, uniquement si le médecin le juge nécessaire et si le traitement est suffisamment bien toléré.

En France, son AMM couvre le diabète de type 2 insuffisamment contrôlé, en association à d’autres antidiabétiques ou seul en cas de contre-indication à la metformine. Il ne dispose pas d’AMM pour la perte de poids : la gamme de médicaments à base de sémaglutide autorisée pour l’obésité porte un autre nom commercial (Wegovy®), et se présente à des dosages plus élevés.

Les effets secondaires les plus fréquents

D’après le résumé des caractéristiques du produit (RCP) publié par l’Agence européenne des médicaments (EMA), repris et restitué en langage accessible par Vidal, les effets indésirables d’Ozempic® se répartissent ainsi :

  • Très fréquents (plus de 10 % des patients) : nausées, diarrhées, hypoglycémie (en association avec l’insuline ou un sulfamide hypoglycémiant).
  • Fréquents (1 à 10 %) : diminution de l’appétit, vomissements, douleur abdominale, constipation, digestion difficile, brûlures d’estomac, reflux gastro-œsophagien, ballonnements, calculs biliaires, perte de poids, vertiges, maux de tête, fatigue, augmentation des enzymes pancréatiques.
  • Peu fréquents (moins de 1 %) : altération du goût, accélération du rythme cardiaque, pancréatite aiguë, vidange gastrique retardée, réaction au site d’injection.
  • Fréquence indéterminée : troubles de la sensibilité, occlusion intestinale, réaction allergique.

Les nausées, diarrhées et vomissements apparaissent souvent au début du traitement ou après une augmentation de dose, en lien avec le ralentissement de la vidange gastrique induit par le médicament. Ils diminuent fréquemment avec le temps, mais leur évolution varie selon les personnes. Certains patients continuent à présenter des symptômes digestifs, parfois suffisamment importants pour nécessiter une adaptation du traitement par le médecin.

Le risque d’hypoglycémie : quand est-il réel ?

Ozempic® seul n’entraîne pas d’hypoglycémie significative. Le risque augmente nettement lorsqu’il est associé à l’insuline ou à un sulfamide hypoglycémiant, car ces traitements abaissent déjà la glycémie par un autre mécanisme d’action. Dans ce cas, une adaptation des doses de ces traitements associés est généralement envisagée par le médecin, et un contrôle glycémique plus fréquent peut être nécessaire. En cas de sueurs, tremblements, faim intense, confusion, faiblesse ou malaise, mesurez votre glycémie (si possible) et appliquez les consignes données par votre médecin. En cas de perte de connaissance ou de symptômes sévères, appelez les secours.

Pancréatite aiguë : le signal d’alerte à ne pas ignorer

La pancréatite aiguë est rare, mais elle constitue une complication potentiellement grave qui nécessite une évaluation médicale rapide. Le signe d’alerte est une douleur abdominale intense et persistante, pouvant irradier vers le dos, avec ou sans vomissements. Toute douleur de ce type, sous Ozempic®, impose une consultation médicale rapide.

Un effet oculaire très rare récemment ajouté aux informations produit

Depuis janvier 2025, le comité de pharmacovigilance de l’Agence européenne des médicaments (PRAC) a engagé une révision des médicaments à base de sémaglutide après des signalements de neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique (NOIAN), une atteinte rare du nerf optique pouvant entraîner une perte de vision. Les premières études disponibles à l’époque étaient contradictoires : deux suggéraient un risque accru, deux autres non.

En juin 2025, à l’issue de son évaluation complète (essais cliniques, pharmacovigilance, littérature médicale), le PRAC a conclu que la NOIAN doit être ajoutée aux informations produit du sémaglutide comme effet indésirable très rare (jusqu’à 1 patient sur 10 000). Les données examinées par les autorités suggèrent un risque relatif environ deux fois plus élevé chez les patients traités par rapport aux non traités, mais le risque absolu reste très faible : environ un cas supplémentaire pour 10 000 personnes-années de traitement. Les patients diabétiques de type 2 ont par ailleurs un risque de base plus élevé de développer cette affection, indépendamment du traitement.

En pratique : en cas de perte brutale de vision ou de dégradation rapide de la vue, consultez immédiatement. N’interrompez pas et ne reprenez pas le traitement de votre propre initiative : c’est au médecin de donner la conduite à tenir. Si une NOIAN est confirmée, le sémaglutide doit être arrêté sur décision médicale.

Grossesse, allaitement et autres précautions particulières

Une contraception efficace est recommandée pendant le traitement, car le sémaglutide ne doit pas être utilisé pendant la grossesse. Selon la notice européenne, le sémaglutide ne modifie pas de manière cliniquement significative l’exposition à l’éthinylestradiol et au lévonorgestrel : il n’y a donc pas d’interaction pharmacocinétique directe avec la pilule contraceptive. En revanche, les vomissements et diarrhées, fréquents sous ce traitement, peuvent réduire l’absorption d’une contraception orale et donc sa fiabilité, un mécanisme classique pour tout médicament pris par voie orale en cas de trouble digestif. L’agence belge des médicaments (AFMPS) a par ailleurs signalé des grossesses non planifiées chez des femmes sous sémaglutide et contraception, en lien avec ce mécanisme.

Par ailleurs, la perte de poids elle-même peut être à l’origine d’un regain de fertilité, notamment chez des femmes présentant un syndrome des ovaires polykystiques. Une contraception fiable, y compris non orale en cas de troubles digestifs prolongés, et une vigilance particulière restent donc recommandées.

En cas de projet de grossesse, le sémaglutide doit être arrêté au moins deux mois à l’avance. Le traitement du diabète doit ensuite être réévalué par le médecin. L’insuline est souvent privilégiée pendant la grossesse, un diabète mal équilibré pouvant être délétère pour l’enfant à naître. Si une grossesse survient pendant le traitement, une consultation médicale rapide est nécessaire. Concernant l’allaitement, le traitement n’est généralement pas recommandé en l’absence de données suffisantes sur son passage dans le lait maternel. La décision doit être prise avec le médecin, en tenant compte du diabète et du mode d’alimentation du nourrisson.

D’autres situations nécessitent d’informer le médecin ou l’équipe soignante : une rétinopathie diabétique, notamment en cas d’amélioration rapide de la glycémie, des symptômes digestifs importants ou une maladie gastro-intestinale. Mais également un projet d’intervention sous anesthésie générale, le ralentissement de la vidange gastrique induit par le médicament pouvant exposer le patient anesthésié à un risque d’inhalation du contenu gastrique.

Comment mieux vivre les effets secondaires digestifs au quotidien


Les troubles digestifs étant les effets les plus fréquents, quelques repères de confort peuvent aider à mieux les traverser, en complément du suivi médical : manger plus lentement, fractionner les repas plutôt que d’ingérer de gros volumes de nourriture, éviter les repas très copieux ou très gras lorsque les nausées sont importantes

Ces conseils ne remplacent pas un avis médical si les symptômes persistent ou s’aggravent. Il faut également boire régulièrement, des vomissements ou des diarrhées prolongés pouvant provoquer une déshydratation et altérer la fonction rénale, notamment chez les personnes fragiles.

Si vous ne parvenez pas à boire ou si les symptômes persistent, contactez rapidement votre médecin. Aucun ajustement de dose ne doit être décidé seul : c’est au médecin prescripteur d’évaluer si le rythme d’augmentation de la posologie doit être ralenti.


Pourquoi RNPC est un accompagnement complémentaire, pas une alternative

Le Programme RNPC® ne se substitue pas à un traitement par analogue du GLP-1, que celui-ci soit prescrit pour équilibrer un diabète de type 2 ou pour perdre du poids, et ne prétend pas le remplacer.

Pour les patients traités par Ozempic®, Wegovy® ou Mounjaro®, un accompagnement diététique structuré s’inscrit dans le cadre que pose l’AMM elle-même, qui prévoit ce traitement en complément d’une alimentation adaptée, de l’activité physique, et d’un suivi comportemental. Par « alimentation adaptée », il faut entendre une réduction calorique suffisamment importante pour entraîner une perte de poids conséquente d’un point de vue clinique, et des apports nutritionnels permettant de limiter au maximum le risque de dénutrition (carences en vitamines et minéraux, perte de masse maigre et osseuse), un des effets indésirables majeurs de ces médicaments. Un accompagnement nutritionnel et une activité physique régulière peuvent aider à préserver à la fois un bon statut nutritionnel et un bon capital musculaire et osseux, malgré la perte de poids. Cette complémentarité se construit toujours en concertation avec le médecin prescripteur, jamais en substitution de son avis.

Que faire face à un effet secondaire ? Quand consulter en urgence

La plupart des effets digestifs ne nécessitent pas d’arrêt du traitement, mais doivent être signalés au médecin s’ils persistent ou s’aggravent. Certains signes imposent en revanche une consultation rapide, voire urgente : douleur abdominale intense et persistante, vomissements répétés ou déshydratation, perte de vision brutale, symptômes sévères d’hypoglycémie, ou signes de réaction allergique grave. Tout effet indésirable, même mineur, peut aussi être déclaré directement sur le site signalement.social-sante.gouv.fr : ces déclarations contribuent à mieux connaître les effets indésirables des médicaments.

Ozempic® est indiqué dans le traitement du diabète de type 2 insuffisamment contrôlé, en complément d’une alimentation adaptée et de l’activité physique, et ses effets secondaires les plus fréquents restent digestifs. Les complications plus graves  (hypoglycémie sévère, pancréatite, troubles oculaires) sont rares, mais certains symptômes doivent être signalés sans délai afin que le médecin puisse décider de la conduite à tenir. Ce médicament n’a pas d’AMM pour la perte de poids en France, une distinction qui mérite d’être connue avant tout usage hors cadre. Un accompagnement nutritionnel structuré, en complément du suivi médical, reste pertinent pour les patients traités, quelle que soit l’indication.

En savoir plus

Quels sont les effets secondaires les plus fréquents d’Ozempic ?

Les nausées et les diarrhées sont classées « très fréquentes » (plus de 10 % des patients), surtout au début du traitement ou après une augmentation de dose. Les vomissements, la constipation et les douleurs abdominales sont classés « fréquents » (1 à 10 %), donc un cran en dessous.

Les effets secondaires digestifs s’atténuent-ils avec le temps ?

Oui, mais ils peuvent persister chez certaines personnes et doivent être signalés au médecin s’ils deviennent sévères ou trop inconfortables.

Ozempic peut-il provoquer une hypoglycémie ?

Le risque est généralement faible lorsqu’il est utilisé seul, mais il augmente avec l’insuline ou un sulfamide hypoglycémiant.

Comment reconnaître une pancréatite sous Ozempic ?

 Une douleur abdominale intense, persistante, parfois irradiant dans le dos, avec ou sans vomissements, nécessite une consultation rapide.

Ozempic peut-il affecter la vue ?

 Une neuropathie optique (NOIAN) a été ajoutée comme effet indésirable très rare. Toute perte brutale de vision ou dégradation rapide de la vue nécessite une consultation immédiate.

Peut-on prendre Ozempic pendant la grossesse ?

Non. Le sémaglutide ne doit pas être utilisé pendant la grossesse. Il doit être arrêté au moins deux mois avant un projet de grossesse, et le traitement du diabète doit être réévalué par le médecin.

Que faire en cas d’oubli d’une injection ?

L’injection oubliée peut être réalisée dans les 5 jours suivant l’oubli. Passé ce délai, elle ne doit pas être rattrapée : il faut reprendre au jour habituel suivant.

Faut-il utiliser une contraception supplémentaire ?

Le sémaglutide n’interagit pas directement avec la pilule. Mais les vomissements ou diarrhées, fréquents sous traitement, peuvent réduire son absorption. Une contraception fiable, y compris non orale en cas de troubles digestifs prolongés, reste recommandée.

Faut-il éviter l’alcool sous Ozempic ?

Il est recommandé d’éviter l’alcool à jeun ou à distance des repas, en particulier en association avec l’insuline ou un sulfamide hypoglycémiant, car cela augmente le risque d’hypoglycémie [1]. En cas de sueurs, tremblements ou malaise après avoir bu, mesurez votre glycémie si possible et évitez de conduire.

Ozempic est-il indiqué pour la perte de poids ?

Non, pas en France : son AMM couvre uniquement le diabète de type 2. Les médicaments à base de sémaglutide autorisés pour traiter l’obésité portent un autre nom commercial.

Le Programme RNPC® est-il compatible avec un traitement par Ozempic ?

Un accompagnement nutritionnel tel que proposé dans le cadre du Programme RNPC® est fortement recommandé en complément du suivi médical. Les objectifs de chaque personne doivent toutefois être discutés avec les professionnels concernés, et la prise en charge diététique personnalisée en fonction.

Comment signaler un effet secondaire d’Ozempic ?

Directement auprès de votre médecin ou pharmacien, ou en ligne sur signalement.social-sante.gouv.fr.

Quand faut-il consulter en urgence sous Ozempic ?

 En cas de douleur abdominale intense et persistante, de vomissements répétés, de déshydratation, de perte brutale de vision, de réaction allergique grave ou de symptômes sévères d’hypoglycémie.

Références

  1. Vidal. Gamme de médicaments OZEMPIC. Mise à jour mars 2026. Disponible sur : vidal.fr
  2. European Medicines Agency. Ozempic — Résumé des caractéristiques du produit. Disponible sur : ema.europa.eu
  3. Haute Autorité de Santé. Wegovy (sémaglutide), obésité. Disponible sur : has-sante.fr
  4. ANSM. Retour d’information sur le PRAC de janvier 2025 (13-16 janvier). Disponible sur : ansm.sante.fr
  5. ANSM. Retour d’information sur le PRAC de juin 2025 (2-5 juin). Disponible sur : ansm.sante.fr
  6. European Medicines Agency. Meeting highlights from the Pharmacovigilance Risk Assessment Committee (PRAC), 13-16 January 2025. Disponible sur : ema.europa.eu
  7. Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS, Belgique). Risque de grossesse lors de l’utilisation d’Ozempic. Disponible sur : afmps.be