L’Anses qualifie d’hyperprotéiné un régime non hypocalorique dépassant 2,2 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour ; le Programme RNPC® vise 1,2 à 1,5 g/kg/jour, nettement en dessous de ce seuil.

Cet enrichissement modéré en protéines vise surtout à limiter la perte de masse maigre et à favoriser la satiété pendant l’amaigrissement.

Chez des adultes sans maladie rénale connue, les données disponibles sont rassurantes pour des apports modérément élevés ; un bilan rénal initial reste néanmoins recommandé.

Contrairement à la plupart des régimes commerciaux enrichis en protéines, le Programme RNPC® impose une évaluation de la fonction rénale avant toute prise en charge.

Selon le seuil utilisé par l’Anses dans son analyse des régimes amaigrissants, les apports protéiques du Programme RNPC® restent nettement en dessous du niveau considéré comme élevé.

L’idée que toute méthode de perte de poids encadrée et enrichie en protéines soit forcément un “régime hyperprotéiné” est une confusion fréquente. Sur le seul critère de l’apport protéique, les deux approches ne se situent pourtant pas au même niveau. Voici les chiffres, et ce qu’ils signifient concrètement.L’Anses qualifie d’hyperprotéiné un régime non hypocalorique dépassant 2,2 g de protéines par kilo de poids corporel et par jour ; le Programme RNPC® vise 1,2 à 1,5 g/kg/jour, nettement en dessous de ce seuil.

Qu’est-ce qu’un régime hyperprotéiné, exactement ?

Le terme ne désigne pas simplement une alimentation enrichie en protéines : il dépend de la quantité apportée, du poids corporel de référence utilisé et du contexte alimentaire global. Dans son rapport d’expertise sur les risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement (novembre 2010), l’Anses indique que des apports compris entre 0,83 et 2,2 g/kg/jour peuvent être considérés comme satisfaisants pour un adulte ayant une fonction rénale normale et suivant un régime non restreint. Sur cette base, l’Anses qualifie d’hyperprotéiné un régime alimentaire apportant plus de 2,2 g de protéines par kilo et par jour dans ce profil [1].

Les apports protéiques visés par le Programme RNPC®

Selon les informations publiées par RNPC®, le programme vise un apport protéique global autour de 1,2 gramme par kilo de poids corporel et par jour pour les femmes, et 1,5 gramme par kilo pour les hommes. Ces valeurs sont supérieures à l’apport minimal recommandé pour la population générale (0,83 g/kg/jour), tout en restant nettement inférieures au seuil de 2,2 g/kg/jour utilisé par l’Anses dans son analyse. Concrètement, l’apport protéique journalier de chaque patient dépend des portions de viande, poisson, œufs, crustacés, ainsi que du nombre d’encas RNPC (aliments de substitution hypocaloriques enrichis en protéines et appauvris en glucides et lipides) effectivement consommés dans le cadre du programme programme.

Repère
Valeur
Apport de référence, adulte de moins de 60 ans, sédentaire et sans insuffisance rénale (Anses)
0,83 g/kg/jour
Programme RNPC®, femmes (valeur théorique visée)
1,2 g/kg/jour
Programme RNPC®, hommes (valeur théorique visée)1,5 g/kg/jour
Seuil utilisé par l’Anses pour caractériser un régime hyperprotéique
2,2 g/kg/jour

Le poids corporel retenu pour ce calcul doit être précisé par le professionnel de santé qui suit la personne.

Pourquoi enrichir l’alimentation en protéines sans suivre un régime hyperprotéiné ?

Lorsqu’un déficit énergétique entraîne une perte de poids, une partie de la masse maigre diminue. Cet effet est attendu et normal, en partie parce que le corps n’a plus besoin d’autant de masse musculaire pour supporter le poids de la personne. L’objectif est donc avant tout d’améliorer la composition corporelle globale en perdant davantage de masse grasse que de masse maigre. Un apport protéique suffisant, associé à une activité physique adaptée, peut contribuer à limiter la perte de masse maigre pendant l’amaigrissement tout en favorisant la satiété. Dans le cadre du Programme RNPC®, l’intérêt de cet enrichissement modéré de l’alimentation en protéines est double :


  • Contribuer à limiter la perte de masse maigre pendant l’amaigrissement, en complément d’une activité physique adaptée (idéalement incluant du renforcement musculaire).
  • Favoriser la satiété, les protéines conduisant généralement à une sensation de satiété plus rapide et plus durable que les glucides ou les lipides, à apport énergétique comparable.

Le risque rénal, une crainte à nuancer, pas à ignorer


La crainte associée aux protéines porte principalement sur la fonction rénale. Chez des adultes sans maladie rénale connue, les données disponibles sont rassurantes pour des apports modérément élevés. Une maladie rénale pouvant rester silencieuse pendant même plusieurs années, une évaluation initiale et un suivi médical restent indispensables chez les personnes présentant des facteurs de risque, tels que l’hypertension artérielle, le diabète, ou l’obésité.

En cas de maladie rénale diagnostiquée, l’apport protéique doit être adapté au stade de l’insuffisance rénale et à l’existence d’une dialyse : une restriction peut être recommandée avant la dialyse, tandis que les besoins peuvent au contraire augmenter chez une personne dialysée.

Un bilan de santé initial comprenant un dosage sanguin du taux de créatinine (nécessaire à l’estimation du débit de filtration glomérulaire, marqueur de référence de la santé rénale) et un suivi par une diététicienne nutritionniste permettent d’adapter l’apport protéique à la situation de chaque personne, pour une prise en charge en toute sécurité.


Exclusions strictes

Le Programme RNPC® s’adresse aux adultes, hors mineurs (moins de 18 ans), femmes enceintes et femmes allaitantes (12 premiers mois de l’enfant). L’apport protéique du programme est par ailleurs adapté au cas par cas pour les patients présentant une insuffisance rénale ou une autre pathologie nécessitant un ajustement nutritionnel.

En savoir plus

Le Programme RNPC est-il un régime hyperprotéiné ?

Non, ni selon le seuil ni selon la définition utilisés par l’Anses dans son analyse des régimes amaigrissants : elle qualifie d’hyperprotéiné un régime non hypocalorique dépassant 2,2 g/kg/jour, ce qui ne correspond pas aux niveaux d’apports appliqués dans le cadre du Programme RNPC®. Celui-ci vise environ 1,2 g/kg/jour pour les femmes et 1,5 g/kg/jour pour les hommes, ce qui correspond à des apports modérément élevés, et surtout nettement en dessous de ce repère.

Pourquoi le Programme RNPC enrichit-il quand même l’alimentation en protéines ?

Pour contribuer à limiter la perte de masse maigre pendant la perte de poids et favoriser la satiété, en particulier avec une activité physique adaptée. Un apport modérément supérieur à la référence générale peut contribuer à ces effets, sans qu’il soit nécessaire de viser un apport très élevé.

Les protéines sont-elles dangereuses pour les reins ?

Chez des adultes sans maladie rénale connue, les données disponibles sont rassurantes pour des apports modérément élevés. Une maladie rénale pouvant rester silencieuse, un bilan de santé reste nécessaire. En cas de maladie rénale diagnostiquée, l’apport doit être adapté au stade de la maladie et à l’existence d’une dialyse

Quelle est la différence entre le Programme RNPC et un régime hyperprotéiné ?

Certains régimes hyperprotéinés préconisent des apports protéiques élevés voire très élevés, qui peuvent mettre en danger la santé de la personne sans évaluation préalable de la fonction rénale. Le Programme RNPC® vise un apport supérieur à la référence générale mais inférieur au repère de 2,2 g/kg/jour utilisé par l’Anses, et impose de surcroît une évaluation de la fonction rénale avant toute prise en charge, afin d’écarter tout risque rénal.

L’apport en protéines est-il le même pour tout le monde dans le Programme RNPC ?

Non. Les valeurs de 1,2 et 1,5 g/kg/jour sont des repères théoriques généraux ; l’apport réel est ajusté par la diététicienne nutritionniste en fonction du bilan biologique et/ou urinaire, de l’âge, et des éventuelles pathologies de chaque patient.

Références

  1. Anses. Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement. Rapport d’expertise collective. Maisons-Alfort : Anses ; novembre 2010.

Cet article fournit une information générale sur les apports protéiques dans le cadre du Programme RNPC®. Il ne se substitue pas à un avis médical individualisé. Pour toute question de santé, consultez votre médecin traitant ou un professionnel de santé qualifié.