Des médicaments pour perdre du poids, pourquoi pas… Mais ne négligez surtout pas le régime alimentaire et l’activité physique !

L’arrivée des nouveaux médicaments anti-obésité, les analogues du GLP-1, a profondément modifié la prise en charge de l’obésité aux États-Unis, où ils sont largement disponibles depuis maintenant plusieurs années.

Leur arrivée plus tardive sur le marché français nous permet de bénéficier du recul des praticiens américains sur l’utilisation de ces médicaments et des résultats des études cliniques menées en conditions de vie réelle.

Bien que l’utilisation de ces molécules pour perdre du poids soit pour l’instant moins répandue en France, les sociétés savantes nationales, s’inspirant de leurs homologues américaines, ont adapté leurs recommandations les concernant pour améliorer leur efficacité à court et long terme tout en minimisant leurs effets indésirables. Et les experts nationaux et internationaux sont unanimes : la réussite d’une méthode de perte de poids réussie avec ou sans médicaments repose encore et toujours sur l’application de règles hygiéno-diététiques strictes concernant l’alimentation et l’activité physique.

Rappel des conditions de prescription des nouveaux médicaments anti-obésité

En 2024, l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicaments et des produits de santé) et la HAS  (Haute Autorité de Santé) ont publié leurs recommandations pour encadrer la prescription des médicaments anti-obésité Wegovy® et Mounjaro®. Ainsi :

  • Seront éligibles à la prescription et au remboursement les adultes en situation d’obésité sévère ou morbide seulement, c’est-à-dire dont l’indice de masse corporelle est supérieur ou égal à 35 kg/m2 ;
  • En traitement de deuxième intention c’est-à-dire seulement après échec de précédentes tentatives pour perdre du poids ;
  • En complément d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique pour la gestion du poids, incluant la perte de poids et le maintien du poids.

Comme on peut le constater, ces deux organismes sanitaires publics conditionnent la prescription des médicaments anti-obésité Wegovy® et Mounjaro® au suivi d’un régime alimentaire hypocalorique et à une augmentation de l’activité physique.


Quel recul sur les analogues du glp-1?

Une efficacité moindre en pratique

En pratique, l’utilisation du sémaglutide (Wegovy®) et du tirzépatide (Mounjaro®) entraîne une perte de poids bien inférieure à celle observée dans les essais cliniques randomisés, principalement parce que les patients arrêtent leur traitement prématurément ou utilisent des doses d’entretien plus faibles [1].

En effet, sur 6 477 patients pour lesquels des données à un an étaient disponibles, le pourcentage moyen de perte de poids globale était de :

  • 7,7 % avec le sémaglutide (14,9 % dans l’essai clinique STEP-3) ;
  • 12,4 % avec le tirzépatide (22,5 % dans l’essai SURMOUNT-1).

Si ces pourcentages de perte de poids restent remarquables, ils mettent en avant les difficultés rencontrées par les patients en conditions de vie réelle pour suivre leur traitement de façon optimale.

Un taux d’abandon du traitement conséquent

Le taux d’abandon précoce du traitement impacte indéniablement la réussite de la prise en charge.

Or, d’après une étude réalisée sur une population de 112 634 patients traités par analogues du GLP-1, 53,6 % ont arrêté leur traitement à 1 an et 72,2 % à 2 ans [2].

À titre d’information, les taux d’arrêt à un an dans les principaux essais cliniques randomisés de phase 3 étaient de 17,1 % avec le sémaglutide (STEP-1) et de 14,2 % à 16,4 % avec le tirzépatide (SURMOUNT-1), ce qui démontre encore une fois cette discordance entre les résultats des études cliniques randomisées et celles basées sur des observations cliniques en conditions de vie réelle.

Les limites à considérer

Les effets secondaires gastro-intestinaux

En raison du mécanisme des analogues du GLP-1, qui ralentissent la vidange gastrique pour entrainer une sensation de satiété et un manque d’appétit durables, des effets indésirables gastro-intestinaux très inconfortables – nausées, vomissements, douleurs intestinales, ballonnements, troubles du transit… pouvant aller, dans de rares cas heureusement, jusqu’à la gastroparésie et l’occlusion intestinale – sont rapportés par de nombreux patients et sont responsables d’une grande partie des abandons du traitement.

La détrunition, malnutrition

Les patients sous analogues du GLP-1, en conséquence du mécanisme d’action de ces médicaments et/ou à cause de leurs effets indésirables gastro-intestinaux, ont souvent du mal à s’alimenter et à s’hydrater correctement. S’ensuivent des carences en macronutriments (principalement protéines, fibres et acides gras insaturés) et en micronutriments (vitamines et minéraux) pouvant entrainer [3] :

  • Un affaiblissement du système immunitaire et donc une moindre résistance aux infections.
  • Une perte de masse musculaire ;
  • Des carences nutritionnelles ;

La reprise de poids

L’effet des analogues du GLP-1 est dit suspensif : leur efficacité ne dure que le temps de la prise du traitement.

Ainsi, les résultats des études cliniques à long terme reportent toutes une reprise de poids significative après l’arrêt de la médication, et ce qu’elle que soit la molécule utilisée.

Dans l’étude STEP-1 par exemple, après réduction de plus de 17,3 % du poids initial en 68 semaines grâce au traitement (sémaglutide) et au suivi d’un programme intensif de perte de poids (régime hypocalorique et activité physique régulière), les participants ont repris les deux tiers (11,6 %) du poids perdu, un an à peine après l’arrêt du traitement [4].

Quelles sont les recommandations officielles pour une utilisation optimale de ces médicaments?

Pour que les analogues du GLP-1 soient efficaces sur la perte de poids à long terme sans porter préjudice à la santé générale des patients, de grandes sociétés savantes américaines (Endocrine Society, American Diabetes Association) recommandent aux médecins prescrivant ces médicaments anti-obésité de veiller à ce que leurs patients [3] :

  • Augmentent leurs apports journaliers en protéines pour atteindre 1,5 gramme par kilo de poids corporel ;
  • Consomment entre 21 et 38 grammes de fibres par jour ;
  • Boivent 2 à 3 litres par jour ;
  • Aient une alimentation nutritive, c’est-à-dire qui leur apporte suffisamment de vitamines et minéraux pour couvrir les besoins de l’organisme ;
  • Réduisent leurs apports caloriques en limitant la consommation d’hydrates de carbone (glucides).

En parallèle, les patients devraient augmenter leur activité physique au quotidien et, dès que le patient a atteint son objectif de poids, suivre un véritable protocole de stabilisation du poids et engager un suivi comportemental pour obtenir un changement durable du mode de vie. Ces conditions sont indispensables pour maintenir leur perte de poids à long terme.

Que peut vous apporter le programme RNPC si vous êtes traité(e) par un analogue du glp-1?

Suivre le Programme RNPC de façon concomitante au médicament anti-obésité, c’est choisir la combinaison gagnante pour perdre du poids dans les meilleures conditions et à long terme, et ce pour plusieurs raisons :

  • Vous suivez ainsi à la lettre les recommandations officielles des sociétés savantes françaises et internationales relatives à l’utilisation de ces médicaments.
  • Votre traitement sera plus efficace si votre alimentation favorise la perte de poids, ce qui permettra également de ne pas avoir à utiliser les doses maximales recommandée et donc limitera le risque d’effets secondaires (causes de la majorité des abandons en cours de traitement ;
  • L’alimentation nutritive préconisée par votre diététicien(ne) RNPC vous permet de lutter contre la perte de masse musculaire, la déshydratation, et les carences vitaminiques souvent causées par le traitement ;
  • En adoptant de bonnes habitudes alimentaires et comportementales grâce au suivi à long terme au centre RNPC, vous mettez toutes les chances de votre côté pour ne pas reprendre le poids perdu à l’arrêt du traitement ;

Conclusion

Aujourd’hui, les médecins ont souvent recours à une combinaison de méthodes, mais les modifications sur le mode de vie restent fondamentales et le socle commun de toutes ces méthodes. Si vous ne modifiez pas votre mode de vie, aucune approche, qu’elle soit médicamenteuse, chirurgicale ou mixte, ne sera efficace au final.

Ces changements de mode de vie ne concernent pas seulement l’alimentation et la nutrition ; la lutte contre la sédentarité doit également être une priorité, celle-ci ayant des conséquences positives sur la qualité du sommeil, la régulation de l’appétit et le métabolisme.

Si les médicaments anti-obésité font effectivement perdre du poids, c’est bien le changement des habitudes de vie qui vous fera gagner des années de vie.

Références

Wilding JPH, et al. Weight regain and cardiometabolic effects after withdrawal of semaglutide: The STEP 1 trial extension. Diabetes Obes Metab. 2022 Aug;24(8):1553-1564

Gasoyan H, et al. Changes in weight and glycemic control following obesity treatment with semaglutide or tirzepatide by discontinuation status. Obesity (Silver Spring). 2025 Sep;33(9):1657-1667

Rodriguez PJ, et al. Discontinuation and Reinitiation of Dual-Labeled GLP-1 Receptor Agonists Among US Adults With Overweight or Obesity. JAMA Netw Open. 2025 Jan 2;8(1):e2457349

Almandoz JP, et al. Nutritional considerations with antiobesity medications. Obesity (Silver Spring). 2024 Sep;32(9):1613-1631

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