Le Professeur Arne Astrup, codécouvreur de l’effet du GLP-1 sur la satiété, nous rappelle les préconisations médicales à respecter pour un bon usage des traitements anti-obésité qui reposent sur l’action de cette hormone.

Comment fonctionnent les analogues du GLP-1?

Les médicaments anti-obésité analogues du GLP-1, dont le chef de file est le sémaglutide (commercialisé sous le nom de Wegovy®) agissent en imitant l’effet « coupe-faim » de l’hormone naturelle GLP-1 (pour glucagon-like peptide-1), physiologiquement sécrétée en réponse à l’ingestion de nourriture. Le GLP-1 et ses analogues augmentent la sensation de satiété tout en réduisant l’appétit par un ralentissement de la vidange gastrique, ce qui conduit à une diminution de l’apport calorique et donc à une réduction significative du poids corporel chez les personnes en surpoids ou obèses.


Qui peut prendre ces traitements anti-obésité ?

Devant les dérives constatées avec l’Ozempic® (médicament contenant la même molécule que Wegovy® mais à plus faible dose et indiqué dans le traitement du diabète de type 2), l’ANSM  (Agence nationale de sécurité du médicaments et des produits de santé) et la HAS (Haute Autorité de Santé) ont publié leurs recommandations pour encadrer la prescription des médicaments anti-obésité Wegovy® et Mounjaro®. Ainsi :

  • Seront éligibles à la prescription et au remboursement les adultes en situation d’obésité sévère ou morbide seulement, c’est-à-dire dont l’indice de masse corporelle est supérieur ou égal à 35 kg/m2 ;
  • En traitement de deuxième intention c’est-à-dire seulement après échec de précédentes tentatives pour perdre du poids ;
  • En complément d’un régime hypocalorique et d’une augmentation de l’activité physique pour la gestion du poids, incluant la perte de poids et le maintien du poids.

Comme on peut le constater, ces deux organismes sanitaires publics conditionnent la prescription des médicaments anti-obésité Wegovy® et Mounjaro® au suivi d’un régime alimentaire hypocalorique et à une augmentation de l’activité physique. En parallèle, les patients devraient augmenter leur activité physique au quotidien et engager un suivi comportemental pour obtenir un changement durable du mode de vie. Ces conditions sont indispensables pour maintenir leur perte de poids à long terme.


RNPC et/ou médicament anti-obésité, vous hésitez?

Quelles sont les recommandations officielles pour une utilisation optimale de ces médicaments ?

De grandes sociétés savantes américaines (Endocrine Society, American Diabetes Association) recommandent aux médecins prescrivant ces médicaments anti-obésité de veiller à ce que leurs patients :

Réduisent leurs apports caloriques en limitant la consommation d’hydrates de carbone (glucides).

  • Augmentent leurs apports journaliers en protéines pour atteindre 1,5 gramme par kilo de poids corporel ;
  • Consomment entre 21 et 38 grammes de fibres par jour ;
  • Boivent 2 à 3 litres par jour ;
  • Aient une alimentation nutritive, c’est-à-dire qui leur apporte suffisamment de vitamines et minéraux pour couvrir les besoins de l’organisme ;
  • Réduisent leurs apports caloriques en limitant la consommation d’hydrates de carbone (glucides).

En parallèle, les patients sont tenus d’augmenter leur activité physique et de s’astreindre à un suivi comportemental pour obtenir un changement durable du mode de vie.

Que peut vous apporter le Programme RNPC si vous êtes traité(e) par un analogue du GLP-1 ?

Suivre le Programme RNPC de façon concomitante au médicament anti-obésité, c’est choisir la combinaison gagnante pour perdre du poids dans les meilleures conditions et à long terme, et ce pour plusieurs raisons :  

  • Votre traitement sera plus efficace si votre alimentation favorise la perte de poids, ce qui permettra également de ne pas avoir à utiliser les doses maximales recommandée et donc limitera le risque d’effets secondaires (causes de la majorité des abandons en cours de traitement ;
  • L’alimentation nutritive préconisée par votre diététicien(ne) RNPC vous permet de lutter contre la perte de masse musculaire, la déshydratation, et les carences vitaminiques souvent causées par le traitement ;
  • En adoptant de bonnes habitudes alimentaires et comportementales grâce au suivi à long terme au centre RNPC, vous mettez toutes les chances de votre côté pour ne pas reprendre le poids perdu à l’arrêt du traitement ;
  • Vous suivez ainsi à la lettre les recommandations officielles des sociétés savantes françaises et internationales relatives à l’utilisation de ces médicaments.

Et si vous ne parvenez plus à vous nourrir à cause du traitement ?

Que ce soit à cause de l’effet coupe-faim ou des effets indésirables digestifs (nausées, vomissements, troubles du transit), certains patients traités par ces nouveaux médicaments anti-obésité ne parviennent pas à se nourrir correctement. Le risque pour ces patients : la dénutrition, qui fragilise les personnes concernées en affaiblissant leurs défenses immunitaires et en réduisant leur force musculaire et leur mobilité.

Pour ces patients, un Programme RNPC spécifique a été conçu, de sorte qu’ils puissent apporter à l’organisme tous les nutriments dont il a besoin, sans s’exposer davantage aux effets secondaires du traitement.