Lorsque les températures grimpent, le surpoids devient un véritable défi

Chaque été, les épisodes de fortes chaleurs et de canicule rappellent que certains profils sont plus vulnérables que d’autres face à la chaleur. Les personnes âgées, les jeunes enfants ou encore les personnes souffrant de maladies chroniques sont régulièrement citées parmi les populations à risque. Pourtant, les personnes en surpoids ou atteintes d’obésité constituent également un groupe particulièrement exposé.

Lorsque le thermomètre affiche plus de 30 °C pendant plusieurs jours, beaucoup de personnes en surcharge pondérale rapportent une sensation d’inconfort plus marquée : essoufflement rapide, transpiration excessive, fatigue importante, jambes lourdes, sommeil perturbé, ou encore difficulté à pratiquer une activité physique ou même les simples gestes du quotidien.

Cette sensibilité accrue n’est pas une simple impression. Elle repose sur des mécanismes physiologiques bien identifiés qui rendent l’organisme moins efficace pour évacuer l’excès de chaleur. Dans certains cas, cette situation peut même entrainer des problèmes de santé potentiellement graves.

Pourquoi le surpoids rend-il la chaleur plus difficile à supporter ?

Le corps humain maintient normalement sa température interne autour de 37 °C grâce à un système de régulation extrêmement performant. Lorsque la température extérieure augmente, plusieurs mécanismes biologiques interviennent pour éviter la surchauffe.
Le principal est la transpiration : en s’évaporant à la surface de la peau, la sueur permet d’évacuer une partie de la chaleur produite par l’organisme.

Chez les personnes en surpoids, plusieurs facteurs viennent perturber cette régulation :

  • Le tissu adipeux agit comme un isolant thermique. S’il permet de conserver la chaleur lorsque les températures sont basses, il devient un handicap lorsque l’organisme doit au contraire se refroidir.
  • Plus le poids corporel est élevé, plus l’organisme doit fournir d’efforts pour assurer ses fonctions vitales et les gestes/déplacements du quotidien. Cette augmentation de l’activité métabolique génère davantage de chaleur interne.
  • La circulation sanguine cutanée et l’efficacité des mécanismes de thermorégulation seraient altérées chez les personnes souffrant d’obésité sévère, limitant encore davantage les capacités de refroidissement.

Résultat : à cause de l’excès de poids, la température corporelle est plus difficilement régulée, augmente plus rapidement, et les sensations d’inconfort apparaissent plus tôt et plus fréquemment.

Des conséquences qui vont bien au-delà de l’inconfort

Supporter difficilement la chaleur n’est pas seulement une question de confort. Les fortes chaleurs augmentent le risque de déshydratation, qui est souvent sous-estimé. En effet, la transpiration importante entraîne des pertes d’eau mais aussi d’électrolytes, notamment du sodium.

Une déshydratation modérée peut provoquer :

  • Une fatigue importante ;
  • Des maux de tête ;
  • Des vertiges ;
  • Une baisse des performances physiques ;
  • Une diminution de la concentration.

Lorsque la situation s’aggrave, le risque de coup de chaleur apparaît. Il s’agit d’une urgence médicale caractérisée par une élévation importante de la température corporelle pouvant dépasser 40 °C, accompagnée de troubles neurologiques, de confusion, voire d’une perte de connaissance.

Les personnes souffrant d’obésité présentent également plus fréquemment certaines maladies chroniques comme l’hypertension artérielle, le diabète de type 2, l’insuffisance cardiaque ou l’apnée du sommeil. Ces pathologies peuvent amplifier les effets délétères de la chaleur et augmenter le risque d’hospitalisation pendant les épisodes caniculaires.

Les bons réflexes pour mieux supporter la chaleur

Veiller à bien s’hydrater

Il s’agit de la première mesure de prévention. Il ne faut pas attendre d’avoir soif pour boire. La sensation de soif apparaît souvent lorsque la déshydratation a déjà commencé.

En période de forte chaleur, il est recommandé de boire régulièrement tout au long de la journée, même en l’absence de sensation de soif.

L’eau reste la boisson de référence. Les boissons très sucrées, les sodas ou les boissons alcoolisées ne sont pas de bonnes options ; l’alcool est même particulièrement problématique puisqu’il favorise la déshydratation.

Les personnes pratiquant une activité physique ou transpirant abondamment peuvent également consommer ponctuellement des eaux riches en minéraux afin de compenser certaines pertes électrolytiques.

Un indicateur simple consiste à surveiller la couleur des urines, qui doit être transparente à jaune pâle ; des urines foncées traduisent souvent un manque d’hydratation.

Limiter les exercices physiques intenses

La chaleur augmente considérablement les contraintes physiologiques de l’exercice physique. Pour une même intensité d’effort, une personne en surpoids devra généralement fournir davantage d’énergie qu’une personne de poids normal, cette dépense énergétique supplémentaire se traduisant par une production de chaleur plus importante.

Le cœur doit également travailler plus pour acheminer le sang vers les muscles mais aussi vers la peau afin de faciliter le refroidissement. Cette double sollicitation explique pourquoi certaines personnes ressentent un essoufflement inhabituel ou une fatigue rapide lors des périodes chaudes.

Cela ne signifie pas qu’il faut arrêter toute activité physique. Au contraire, l’exercice reste bénéfique pour la santé cardiovasculaire et le contrôle du poids. Il convient simplement d’adapter ses habitudes, en évitant notamment la pratique sportive en extérieur.

Adapter son alimentation pendant les périodes de canicule

Lorsque les températures sont élevées, l’appétit diminue naturellement, et il peut être tentant de sauter des repas ou de se tourner vers des aliments consommés sur le pouce, souvent très caloriques et peu rassasiants. Cette stratégie est loin d’être idéale.

Les repas légers, riches en légumes, en fruits et en protéines de bonne qualité sont généralement mieux tolérés.

Les salades composées, les poissons maigres et volailles grillés, les fruits frais riches en eau comme le melon ou la pastèque, constituent souvent de bonnes options estivales.

Les repas très copieux et riches en graisses sont à éviter car augmentent la production de chaleur liée à la digestion, ce qui peut accentuer l’inconfort.

Attention à certains médicaments

De nombreuses personnes en situation de surpoids ou d’obésité suivent des traitements médicamenteux pour l’hypertension, le diabète ou d’autres maladies chroniques.

Or certains d’entre eux peuvent modifier la capacité de l’organisme à réguler sa température ou favoriser la déshydratation. C’est notamment le cas de certains antihypertenseurs diurétiques ou psychotropes.

En cas de forte chaleur, il ne faut jamais arrêter un traitement de sa propre initiative. En revanche, il peut être utile de demander conseil à son médecin ou à son pharmacien afin de vérifier qu’aucune adaptation particulière n’est nécessaire.

Agir sur son environnement et ses habitudes

Quelques mesures simples permettent de réduire significativement les risques liés aux fortes chaleurs :

  • Maintenir le logement aussi frais que possible en fermant volets et fenêtres durant les heures les plus chaudes de la journée ;
  • Aérer tôt le matin et tard le soir ;
  • Privilégier des vêtements amples, légers et respirants ;
  • Utiliser un ventilateur ou un climatiseur lorsque c’est possible ;
  • Prendre des douches tièdes ou fraîches plusieurs fois par jour ;
  • Limiter les sorties entre 11 heures et 18 heures pendant les périodes de canicule ;
  • Organiser ses activités quotidiennes : les courses, le jardinage ou les promenades sont préférables tôt le matin ou en soirée.

Conclusion

Les fortes chaleurs représentent un défi particulier pour les personnes en surpoids ou atteintes d’obésité. L’excès de masse grasse limite les capacités naturelles de refroidissement de l’organisme, augmente l’inconfort thermique et favorise le risque de déshydratation, d’épuisement lié à la chaleur et, dans les cas les plus sévères, de coup de chaleur.

Heureusement, quelques mesures simples permettent de réduire efficacement ces risques : boire régulièrement, adapter son alimentation, reporter les efforts aux heures les plus fraîches et maintenir son environnement aussi frais que possible.

L’essentiel est d’anticiper les épisodes de chaleur plutôt que de réagir lorsque les premiers symptômes apparaissent. Une bonne préparation permet de profiter pleinement de l’été tout en préservant sa santé.

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